Musiques du Monde : Haïti


Dix mois après le catastrophique séisme qui a détruit une grande partie de la ville de Port-au-Prince, capitale de l’île, et 24 heures avant les élections présidentielle et législatives dans l’île, j’ai choisi de vous donner un bref aperçu de la musique haïtienne.

Jacmel en 1987, Photo MarieSophie

J’aimerais commencer ce billet avec une complainte de Toto Bissainthe, décédée en 1994 mais toujours présente dans le coeur des Haïtiens : Dey (le deuil)… pour cette île que j’aime tant et qui souffre depuis le 12 janvier…

En exil durant la majeure partie de son existence, Toto Bissainthe a vécu trente ans enFrance et n’a pu retourner à Haïti qu’après le départ du dictateur Jean-Claude Duvalier, en 1986.

Voici les paroles :

Dèy-o m-rélé dèy-o
Ayiti roy (bis)
Ayiti chéri min pitit-ou mouri
Mon lot-yo toutoni
Sa ka poté dèy-la ou roy
Ayititoma min san-ou lan diaspora
Min péyi-a ap kaba
Sa ka poté dèy-la pou ou Ô!
….
Deuil, je crie le deuil d’Haïti
Deuil, je chante le deuil d’Haïti
Haïti chérie, voici que tes enfants sont morts
Et que les autres sont tous nus
Qui va porter le deuil pour toi
Ayititoma, ton sang est en diaspora
Le pays se meurt
Qui portera le deuil…

Tout le monde chante en Haïti, chansons-gaité, chanson de la vie quotidienne, chansons engagées, chansons-douleurs… La musique haïtienne raconte l’histoire de l’île et son quotidien.

Un des rythmes qui perdure en Haïti est le fameux Konpa

Le Konpa (Compas en français), rythme typique de la musique en Haïti a commencé à voir le jour à la fin des années 1950 avant d’être le véritable ambassadeur de cette musique, selon les musiciens du groupe Tabou Combo, dont l’histoire  commence en 1967 en Haïti, lorsque les deux musiciens, Albert Chancy Jr et Herman Nau donnent leur premier concert. A cette époque on trouvait dans presque chaque quartier de Port-au-Prince une petit groupe de musique.

Le Konpa atteint son apogée au début des années 1980 avec les groupes DP Express et Bossa Combo.

Une autre grande figure de la chanson haïtienne est Emeline Michel à qui nous consacrerons un article spécial la semaine prochaine. En attendant, voici deux de ses morceaux que j’aime particulièrement.

Le premier, Plezi Mise (le plaisir dans la misère), extrait de son premier album Doukanjou ka leve (Que le soleil se lève), sorti en 1987 et qui nous entraine dans les rythmes endiablés d’Haïti.

Le second, Gade Papi, en hommage à son père, est plus récent puisqu’il date de 2007 et est extrait de son album Reine de coeur.

Enfin pour terminer ce trop rapide tour d’horizon… comment ne pas parler de Wyclef Jean, fondateur de Yélé Haïti, une fondation dédiée à la cause des enfants et exécutant des projets à caractère humanitaire en Haïti, sa terre natale, dont il n’a cessé de faire la promotion. Le titre Yelé extrait du Carnival Album, mondialement acclamé et gagnant des « American Award » et « World distinction »…

D’autres articles sur la musique haïtienne, consacrés à des artistes en particulier sont prévus.

Bon week-end haïtien !!!

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